Une boursière Vanier analyse les facteurs qui agissent sur la santé et l'emploi des femmes immigrantes/réfugiées

Ayant grandi en Inde, Bharati Sethi a constaté le pouvoir énorme de l'éducation. Cela l'a motivée à trouver des réponses aux questions scientifiques qu'elle se posait.

« J'étais obsédée par les preuves », se souvient-elle. « Je me demandais constamment comment fonctionne telle chose, qu'est-ce qui pousse les gens à agir de telle façon, pourquoi certaines personnes sont en bonne santé tandis que d'autres sont malades. »

Sous les encouragements de son père, Mme Sethi a développé cet intérêt et a obtenu un baccalauréat ès sciences de l'Université de Mumbai. Au milieu des années 1990, elle est venue au Canada dans l'espoir d'y faire carrière. Mais elle a vite réalisé que son diplôme n'y avait pas grande valeur. C'est pourquoi elle a travaillé comme serveuse et barmaid pendant dix ans afin d'économiser l'argent nécessaire pour s'orienter vers une nouvelle carrière en travail social. 

Son désir d'étudier dans ce domaine est né de son expérience comme travailleuse étrangère au Canada. Entre les renouvellements de permis de travail, et avant que l'Ontario ne devienne son lieu de résidence, elle n'était pas admissible aux soins de santé gratuits. Elle a remarqué que d'autres immigrants vivaient des situations similaires, sinon pires.

« C'est alors que j'ai décidé qu'un jour, lorsque j'obtiendrais mes attestations de résidente permanente, je retournerais aux études pour obtenir un doctorat et faire quelque chose en rapport avec la santé », explique-t-­elle.

Mme Sethi a obtenu un baccalauréat en psychologie en 2007, une maîtrise en travail social en 2009 et un doctorat en 2014 de l'Université Wilfrid Laurier. Comme étudiante diplômée, elle s'est livrée à des travaux de recherche communautaire axée sur les problèmes de santé vécus par les réfugiés et les immigrants au Canada.

Une bourse Vanier lui a dernièrement permis de réaliser une étude sur les immigrantes et les réfugiées au Canada étant originaires de Corée, du Japon, d'ailleurs en Asie, d'Afrique, du monde arabe et d'Amérique latine. À l'aide de la méthode « photovoice », 20 participantes lui ont fourni des photos, des journaux personnels et des témoignages expliquant l'influence de leur statut d'immigrante, de leur lieu de résidence actuel, de leurs finances, de leur ethnicité, de leur sexualité et de leur âge sur leur santé et leur situation d'emploi à Grand Eerie, en Ontario.

Mme Sethi espère utiliser la méthode « photovoice » dans d'autres études, car cela aide à surmonter la barrière linguistique qui peut exister chez les participants. Elle espère aussi que les résultats de ses recherches mèneront à l'adoption de politiques de réduction des disparités dans l'accès aux soins de santé. Elle encourage les autres chercheurs à aller au bout de leurs rêves scientifiques.  

« Même lorsque les choses vont mal, il ne faut pas abandonner son objectif de recherche », conseille-t-elle. « On peut finir par être récompensé pour ses efforts. »

Mme Sethi a entrepris ses recherches postdoctorales à l'Université McMaster à l'automne 2014.

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