Un boursier Vanier étudie si le socialisme peut encore exister à Cuba malgré un mouvement continu vers le secteur privé

Photo - Avec la permission de
Vanessa Linares

Cuba traverse une phase de réforme. Depuis 2008, le président Raul Castro a autorisé l’ouverture du marché immobilier, a augmenté le nombre de petits et moyens propriétaires fonciers afin de stimuler les exportations de produits agricoles, a permis le développement des petites entreprises, et a facilité les déplacements des Cubains à l’étranger à des fins touristiques ou professionnelles. Dernièrement, le président Castro a rétabli les liens diplomatiques avec les États-Unis (É.-U.), lesquels avaient été rompus en 1961. En réponse, le président des É.-U. Barack Obama a notamment permis aux Américains de visiter Cuba plus facilement, a approuvé l’utilisation de cartes de crédit et de débit américaines à Cuba, et a autorisé la facilitation des opérations entre les banques des deux pays.

Tous ces changements en amènent beaucoup à se demander si Cuba conservera ses idéaux socialistes et se tournera vers la démocratie. Daniel Salas-González, lauréat d’une bourse d’études supérieures Vanier en 2014, tente de déterminer si le gouvernement de Cuba sera en mesure d’empêcher le passage à la liberté d’expression et au débat public au sein de sa population.

« Mon objectif est de comprendre les mécanismes qui entravent ou favorisent ces pourparlers de réforme, et les circonstances où ils débouchent sur des résultats souhaités ou non souhaités », explique-t-il.

Natif de Cuba, Daniel est détenteur d’un baccalauréat en journalisme (2007) de l’Université de La Havane et d’une maîtrise ès arts en processus culturels cubains (2011) de l’Institut supérieur des arts de La Havane. Il fait actuellement des études de doctorat en sociologie à l’Université Dalhousie à Halifax (Nouvelle-Écosse).

Daniel a choisi d’étudier les réformes en cours à Cuba à partir de l’Université Dalhousie, en raison de la qualité du programme d’échanges universitaires et du corps professoral de l’université, et de son appréciation du système politique canadien.

« J’ai toujours aimé le Canada pour son engagement envers la paix et le développement, ainsi que son souci de justice sociale », confie-t-il. « J’ai réalisé un rêve en venant ici pour mes études de doctorat. »

Fier et reconnaissant de sa bourse Vanier, Daniel étudie l’impact potentiel des mouvements sociaux qui pourraient transformer Cuba. Pour ce faire, il analysera les débats récents sur les politiques sociales entourant le racisme à Cuba, la possibilité de changements au cadre juridique et financier régissant l’industrie cinématographique cubaine, et l’apport des artistes et des intellectuels cubains dans le développement d’une culture démocratique.

« J’ai accumulé et analysé beaucoup de documentation sur la plupart de ces enjeux », précise-t-il. « Mais les choses continuent de changer tous les jours. Je suis de passage à Cuba en ce moment, et je désire établir certains contacts pour suivre l’évolution des débats. »

Daniel aurait un conseil à donner aux étudiants qui désirent mener des recherches en sciences sociales à l’étranger : 

« C’est un moyen pratique de se familiariser avec différentes mentalités et d’acquérir des références et des points de comparaison multiples, ce qui est à la base d’une réflexion novatrice en sciences sociales », conclut-il.

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