Un boursier Vanier veut améliorer le soutien social des jeunes transgenres

Photo - Avec la permission de Jes Sachse

Par transgenres, on entend des personnes qui ressentent le besoin de vivre en rupture avec le sexe qui leur a été attribué à la naissance, afin d’exprimer leur identité propre. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’un enfant ou un adolescent veut franchir ce pas?

Certaines personnes transgenres changent de nom ou d’apparence, tandis que d’autres se tournent vers la médecine pour les aider à affirmer leur nouvelle identité de genre. Malheureusement, ces choix ne sont pas toujours acceptés par la société. Les personnes transgenres peuvent subir du rejet et de la violence en raison de l’incompréhension dont elles font l’objet. Cela peut être particulièrement difficile pour les jeunes – surtout ceux de 12 à 16 ans. En plus du rejet de leur entourage, ils peuvent se buter à de la résistance de la part de leurs parents et des médecins.

Cela constitue le principal objet des recherches de Jake Pyne.

« Je m’intéresse aux jeunes trans, car je crois que certains des problèmes très enracinés vécus par les communautés trans peuvent être mieux combattus par un meilleur soutien à un plus jeune âge », affirme le lauréat d’une bourse d’études supérieures Vanier en 2014. « De toute évidence, la génération actuelle d’enfants et d’adolescents trans est capable d’exprimer ses besoins…et c’est à nous de les écouter. »

Jake a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en travail social de l’Université Ryerson, en 2011 et 2012 respectivement. Il est actuellement candidat à un doctorat en travail social et en études de genre à l’Université McMaster.

En tant qu’homme transgenre lui-même, Jake a eu la chance de faire sa transition dans un climat d’acceptation. Mais il a également rencontré des professionnels qui étaient parfois incapables de l’aider. Son travail de recherche et de revendication est axé sur l’amélioration des politiques, des pratiques et des perceptions pour aider les communautés transgenres à répondre eux-mêmes à certains de leurs besoins. Jake a coordonné deux réunions nationales sur les enfants et les adolescents non conformes aux stéréotypes de genre. Il est aussi cochercheur à Trans PULSE, un projet de recherche sur dix ans visant à surmonter les problèmes de santé et les problèmes sociaux soulevés par les communautés transgenres de l’Ontario (en particulier l’exclusion sociale).

Le rejet social vécu par les jeunes transgenres a souvent des conséquences sur leur santé mentale. En 2015, la Canadian Trans Youth Health Study (où Jake est chercheur affilié) a démontré que 65 % des jeunes transgenres de 14 à 18 ans avaient déjà songé au suicide. Cependant, les conclusions de Jake dans le cadre de l’étude Trans PULSE révèlent que ce risque de suicide pourrait être réduit de 93 % si l’affirmation du genre était soutenue par les parents.

Avec l’aide de sa bourse Vanier, Jake continuera d’examiner les politiques existantes en rapport avec la transition médicale chez les jeunes, et contribuera à faciliter cette transition, le cas échéant. Il réalisera aussi des entrevues avec les parents de jeunes transgenres, des médecins offrant des soins liés à la transition, et des jeunes ayant obtenu le feu vert pour une transition ou ayant tenté de l’obtenir.

Bien que le métier de chercheur puisse sembler intimidant pour certains, Jake pense que c’est un choix de carrière tout naturel qui s’offre aux gens de tous horizons.

« La recherche consiste en gros à poser des questions, à résoudre des énigmes et à se laisser guider par sa curiosité », résume-t-il. « Vu sous cet angle, c’est quelque chose que beaucoup de gens font déjà. »
— Jake Pyne, boursier Vanier, Université McMaster

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