Une boursière Vanier en quête de nouveaux moyens de prendre le pouls du fœtus

Photo - Avec la permission
d'Université de Manitoba

Tout le monde sait qu’un cocktail peut être bruyant. Il peut être difficile d’entendre ce qu’on nous dit en raison des multiples conversations et de la musique. Heureusement, avec de la concentration, le cerveau humain est capable de filtrer l’excès de bruit.

On ne peut en dire autant des machines. Le « problème des cocktails » peut se présenter lorsqu’un électrocardiographe (ECG) mesure les signaux électriques du battement de cœur d’un fœtus. Le puissant battement de cœur de la mère et d’autres bruits électriques dans son corps peuvent déformer les ondes cardiaques de son fœtus, ce qui complique la tâche d’enregistrer un ECG fœtal et peut amener des médecins à demander des césariennes non nécessaires.

Kathryn Marcynuk, doctorante en génie électrique et informatique à l’Université du Manitoba et boursière d’études supérieures du Canada Vanier 2014, tente de résoudre ce problème en améliorant l’analyse en composantes indépendantes (ACI). Cette technique permet de mesurer statistiquement les signaux de fréquence cardiaque des ECG. Il n’est toutefois pas facile d’isoler ces signaux chez une mère et son fœtus.

« Je trouve passionnant d’extraire de l’information importante et utile à partir d’un système complexe et bruyant, dit-elle. Ce travail sur les signaux ECG de la mère et du fœtus est particulièrement enrichissant parce que ces signaux ont le potentiel d’offrir des renseignements précieux de manière non invasive. »

En comparant les données ECG enregistrées lors d’essais cliniques réels et dans les modèles de cœur synthétique, Kathryn verra si l’ACI peut clairement isoler le signal électrique de fréquence cardiaque du fœtus du battement de cœur de sa mère. En se fondant sur des mesures statistiques, elle tentera ensuite de déterminer si le fœtus émet le signal d’un cœur sain ou faible.

Les travaux doctoraux de Kathryn s’inscrivent dans la foulée des recherches qu’elle a entreprises durant sa maîtrise en génie informatique à l’Université du Manitoba (2014). La chercheuse a également obtenu un baccalauréat ès sciences de la même faculté en 2012. Elle a été panéliste et guide touristique pour des activités de rayonnement de Women in Engineering à l’Université du Manitoba et a reçu la bourse commémorative Grettir-Eggertson en 2011 pour ses notes élevées à la Faculté de génie.

Kathryn est reconnaissante de l’aide que lui procure la bourse Vanier. « La bourse d’études supérieures du Canada Vanier a joué un rôle déterminant puisqu’elle m’a permis de me concentrer sur ma recherche et mes études sans le souci d’avoir à demander du financement ou à chercher d’autres formes d’aide financière, affirme-t-elle. La bourse m’a aussi aidée à faire de nouvelles rencontres et à trouver des gens avec qui collaborer. »

Kathryn a également des conseils à donner aux étudiants qui prévoient demander du financement, particulièrement s’ils souhaitent obtenir une bourse Vanier. « Je leur recommande de commencer à préparer tôt leur demande et d’accorder à chacune de ses parties la même importance, fait-elle remarquer. Le processus lui-même peut être gratifiant puisqu’il s’agit d’une occasion de réfléchir à ses objectifs de recherche et de les clarifier. »

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